Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Le genre et l’espace.

Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes

Partie 1 : l’occupation de l’espace

Partie 2 : le temps de parole et le choix des sujets de conversation

Partie 3 : l’expression de la colère

Grand Canyon

Dans cette nouvelle série d’articles, nous nous intéresserons à différents comportements qui sont typiques des dominants (occuper beaucoup d’espace, avoir beaucoup de temps de parole et parler fort, exprimer certaines émotions comme la colère…). Nous verrons également qu’il est considéré comme peu convenable pour une femme de les arborer.

Brigitte Laloupe aborde ce thème dans son livre « Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ». Cela m’a passionnée et j’ai voulu approfondir ce point.

Occuper beaucoup d’espace : un attribut du dominant

Les dominants ont droit à plus d’espace1. Ainsi les dirigeants et les personnes considérées comme importantes ont droit à de spacieux bureaux, bien qu’ils n’y soient pas souvent. A l’inverse, les secrétaires sont serrées dans des petits open-spaces. De manière générale, les riches et les puissants ont de grandes maisons et de grosses voitures.

Plus précisément, l’espace personnel des dominants est plus grand2. L’espace personnel correspond à la « bulle » d’espace qui nous entoure et qu’on ne veut pas voir envahie par les autres (sauf les proches intimes). Cependant, l’espace personnel de chacun n’est pas respecté de la même façon : les puissants envahissent plus souvent le territoire des dominés que l’inverse1. En1977, Henley2 remarqua également que les dominés libèrent de la place aux dominants quand ces derniers s’approchent d’eux, leur laissant spontanément un plus grand espace personnel

En corrélation avec un plus grand espace personnel, les dominants ont tendance à occuper plus d’espace avec leur corps. Cela se voit d’abord dans les postures qu’ils arborent. Quand des personnes ont tendance à « s’étaler » et à prendre beaucoup d’espace (écarter les jambes, mettre les mains sur les hanches en tournant les coudes vers l’extérieur …), ils sont perçus comme dominants ; à l’inverse ceux qui prennent peu de place et adoptent des positions resserrées (jambes et bras croisés par exemple) sont perçus comme dominés3,4. Par ailleurs, une étude3 à montré que, face à une personne adoptant une posture de dominant ou de dominé, on aura tendance à adopter la posture complémentaire (de dominé si on est face à un dominant, de dominant si on est face à un dominé).

L’utilisation de l’espace est donc un très bon indicateur de statut social.

Les espaces privés des hommes

Dans certaines cultures extrêmement patriarcales, les femmes n’ont pas accès au droit de propriété ; le droit à avoir un espace réservé leur est donc dénié1. En Occident, le droit à un espace intime est aussi très souvent réservé aux hommes. D’après une étude de 1976, les hommes ont très souvent droit à un espace privé au sein de la maison (atelier, bureau…), dans lequel les autres membres de la famille n’entrent pas1. A l’inverse, peu de femmes ont droit à de tels espaces. En 1929, sortait l’essai de Virginia Woolf, «Une chambre à soi », dans lequel l’auteure développe l’idée selon laquelle la capacité des femmes à écrire est entravée notamment par le fait qu’elles n’ont pas d’espace privé et intime. Presque un siècle plus tard, la plupart des femmes n’ont toujours pas de «chambre à soi ».

La plus faible utilisation de l’espace par les femmes est visible dans bien d’autres domaines. Par exemple, les femmes possèdent généralement des voitures plus petites que celles des hommes5. Et au travail, les femmes ont généralement de plus petits bureaux ; c’est ce qui ressortait notamment d’une étude interne du MIT (Massachusetts Institute of Technology)6 ou encore du CfA (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics)7.

Voiture femme homme

Les voitures utilisées par les femmes, comme la Twingo, sont souvent plus petites que celles des hommes.

L’espace personnel des femmes

De manière générale, la « bulle » d’espace qui entoure les femmes est plus petite que celui des hommes8. Les duo femme-femme

accoudoir

S’il y un seul accoudoir commun, il sera majoritairement occupé par des hommes.

interagissent à de courtes distances, les duo homme-femme à des distances intermédiaires, et les duo homme-homme aux distances les plus grandes9. Les hommes et les femmes s’approchent plus des femmes que des hommes8, 9. Une étude de 198210 portant sur 852 sujets a montré que les hommes utilisent bien plus souvent l’accoudoir commun dans l’avion que les femmes, et donc prennent volontiers plus de place que ces dernières. Une autre a également déterminé que les hommes prenaient plus de place avec leur corps que les femmes, en particulier s’ils devaient jouer un rôle de professeur plutôt que d’apprenant dans une situation expérimentale11. Une autre étude de 200212 a confirmé que dans une salle d’attente, les femmes se tiennent plus près les unes des autres tandis que les hommes se tiennent à plus grande distance d’autrui.

Les hommes envahissent aussi plus souvent l’espace personnel des femmes que l’inverse1. Par ailleurs, quand le territoire des hommes est envahi, ces derniers répondent souvent de manière négative voir agressive à l’intrusion, tandis que les femmes ont tendance à se reculer et à fuir1,13. Pire : les hommes ont tendance à non seulement pénétrer dans l’espace personnel des femmes, mais aussi à toucher ces dernières pour établir une relation de domination1.

distances inter-personnelles

Les personnes féminines se tiennent plus près l’une de l’autre que les personnes masculines.

Une étude de 200614 portant sur 180 « couples » de participants a montré qu’en réalité, c’est plus le genre (comportement masculin ou féminin) qui détermine la distance entre personnes, que le sexe biologique. En effet, les personnes « masculines » (très souvent des hommes, mais aussi quelques femmes) se tiennent à plus grande distance des autres que les personnes « féminines » (majoritairement des femmes et des hommes homosexuels) ou au genre intermédiaire (à peu près 40 % d’hommes et  60% de femmes). L’étude semble également montrer que ce sont les personnes masculines (dominantes) qui contrôlent les distances interpersonnelles, puisque leur préférence pour des grandes distances était garantie.

L’utilisation de l’espace est donc avant tout affaire de socialisation féminine ou masculine, et non pas de biologie.

Les positions des hommes et des femmes

Les femmes adoptent en moyenne des postures plus resserrées et les hommes des positions plus « étalées », ce qui reflète les différences de statut social entre les sexes3,15,16 . En Occident, par exemple, la position assises féminine par excellence est celle où les femmes croisent les jambes, ou du moins, les resserrent17. Écarter les jambes sera considérée comme « vulgaire » pour une femme, alors que cette posture sera jugé virile chez les hommes. Il est intéressant de noter qu’une position exprimant la dominance (en s’étalant avec ses jambes) est jugée inadéquate pour les femmes.

position

Les femmes adoptent des positions plus resserrées, prenant moins de place avec leur corps.

Sociabilisation différenciée et occupation de l’espace public

Jeux enfants

Les jeux des garçons prennent plus d’espace que ceux des filles.

Déjà jeunes, on propose aux enfants des activités différentes en fonction de leur sexe: les garçons sont supposés jouer au foot, à la bagarre, dehors, dans l’espace public (rue, parc) ; à l’inverse les filles restent plutôt à l’intérieur, à jouer avec des poupées ou à faire des activités manuelles, dans des espaces plus restreints18,19. Ainsi, les garçons apprennent à s’approprier l’espace et à l’occuper ; les femmes apprennent à le partager.

Cette socialisation se poursuit à l’adolescence. On peut en voir un exemple avec les espaces de loisir pour jeunes, qui ont été étudiés par une équipe du CNRS dans l’agglomération de Bordeaux. L’équipe a pu constater que l’offre de loisirs subventionnée s’adresse en moyenne à deux fois plus de garçons que de filles, toutes activités confondues. Par ailleurs, il y a  trois fois plus de pratiques non mixtes masculines que de pratiques non mixtes féminines qui sont proposées20.

 A partir de l’âge de 12 ans, les filles délaissent totalement ces espaces de loisir. Ces lieux sont donc très largement occupés par les garçons et font office de véritables « maisons des hommes », c’est-à-dire de « lieu[x] où se pratique une compétition permanente entre hommes, dont l’enjeu est la production et la consolidation de l’identité masculine et des privilèges qui lui sont attachés »20,21.

Il en va ainsi par exemple des skate parcs, largement occupés par des garçons qui ne portent pas de protection – au risque de se blesser- et se défient. Ces lieux sont évités par les filles – sauf pour regarder les garçons – et par les garçons maladroits ou peu sportifs, qui ne peuvent pas montrer des signes extérieurs de virilité. Ces équipements génèrent des sentiments d’insécurité car ils sont perçus comme une prolongation de l’hégémonie masculine dans l’espace public. Welzer-Lang dit à ce propos que « certains espaces de quartiers où les filles, les femmes et les jeunes qui ne montrent pas des signes redondants de virilité sont soumis aux risques d’agression et de viols ne sont plus des espaces publics. Ils fonctionnent comme des excroissances des espaces privés où les hommes dominants peuvent imposer leur loi. »25

D’après les auteurs, ces dispositifs (skate parcs et autres…) participent à la reconstitution de la domination masculine sur l’espace

skate parc

Beaucoup de lieux publics, comme les skate parcs, sont en réalité complètement dominés par les garçons adolescents ou les hommes.

public. Alors que  l’objectif avoué de la municipalité est « canaliser la violence des jeunes » (les agents n’ont pas précisé le sexe des  « jeunes », mais il va sans dire qu’il s’agit des garçons),  l’hypersocialisation des garçons dans les espaces publics par le sport produit probablement l’effet inverse de celui escompté20,21.

Plusieurs autres études montrent comment les garçons adolescents dominent l’espace public et font en sorte d’en exclure les adolescentes22. Par exemple, une étude s’est focalisée sur la piscine : les adolescentes y sont contrainte d’adopter de multiples stratégies pour éviter le regard des garçons23. Cela leur donne un sentiment d’insécurité et la sensation qu’elles ne sont pas à leur place. Les jeunes hommes acquièrent ainsi le pouvoir de s’approprier l’espace public et de le modéliser avec des valeurs masculines. Cela est renforcé par le comportement parental : les adolescentes ont moins souvent le droit de sortir et donc d’explorer l’espace public (rue,…)24.

Cette éducation différenciée des garçons et des filles à l’usage de l’espace prépare donc à l’hégémonie masculine dans l’espace public et à au sentiment d’insécurité des femmes dans la rue.

A l’âge adulte, environ 43% des femmes disent avoir peur la nuit dans la rue, contre seulement 17% des hommes26. Les femmes ont notamment peur des agressions sexuelles. Susan Brownmiller considère ainsi que le viol « n’est rien de moins qu’un processus d’intimidation, conscient ou inconsciemment, par lequel tous les hommes maintiennent  toutes les femmes dans la peur»27. Il a été montré dans une étude de 1981 que la peur du viol, – particulièrement présente chez les femmes pauvres, âgées, ou appartenant à des minorités ethniques – est corrélée à des comportements d’auto-restriction (notamment celui d’éviter de sortir seule)26,30. Ainsi, les agressions sexuelles – favorisées par les mythes sur le viol – permettent d’exercer un contrôle sur les femmes, en les intimidant et en les invitant à ne pas s’aventurer sans hommes dans l’espace public. Une femme, qui se ferait agressée ou violée après avoir osé sortir seule, entendra des reproches du type « Une femme ne doit pas sortir seule la nuit ! ». Le viol apparait comme une punition pour celles qui aurait bravé l’interdit, celui d’utiliser librement l’espace public.

En conclusion

talons

Les chaussures à talon ne permettent pas vraiment une bonne exploration de l’espace

La différence d’utilisation de l’espace entre les deux sexes est le reflet d’une différence de statut social. Comme le dit très bien Henley en 1977 : « Non seulement le territoire et l’espace personnel des femmes doivent être restreints et limités dans l’espace, mais aussi leur attitude corporelle. Leur féminité est évaluée en effet par le peu d’espace qu’elles occupent, tandis que la masculinité des hommes est jugé par l’expansion et la force de leurs gestes flamboyants ». Cela est très visible dans les postures assises : une femme aux jambes croisées aura l’air particulièrement féminine, tandis que si elle écarte les jambes, elle sera jugée vulgaire. Trop s’étaler n’est généralement pas considéré comme particulièrement élégant pour une femme.

On peut aussi noter que l’habillement typiquement féminin (jupe et escarpin) empêche également de se mouvoir facilement (les escarpins empêchent de courir ou d’aller à certains endroits ; la jupe est un handicap si on veut faire du vélo car on risque de montrer involontairement sa culotte ; les vêtements serrés peuvent empêcher d’amples mouvements) ou de prendre trop de place -(une femme en jupe doit serrer les jambes au risque sinon qu’on voit son slip.) A l’inverse, les vêtements masculins sont conçus pour être fonctionnels et pratiques.

Par ailleurs, les femmes ont non seulement droit à moins d’espace privé (pas de « chambre à soi » dans la maison, petites voitures et petits bureaux), mais en plus, l’espace public (rue…) apparait souvent dominé par les hommes et interdit aux femmes.

—————————————————————————————————————————-

Références

1. Wood JT. Gendered Lives. Cengage Learning; 2012.

2. Kalbfleisch PJ, Cody MJ. Gender, Power, and Communication in Human Relationships. Routledge; 1995.

3. Tiedens LZ, Fragale AR. Power moves: Complementarity in dominant and submissive nonverbal behavior. Journal of Personality and Social Psychology. 2003;84(3):558–568.

4. Gifford R. Mapping nonverbal behavior on the interpersonal circle. Journal of Personality and Social Psychology. 1991;61(2):279–288.

5. Moutinho L, Davies F, Curry B. The impact of gender on car buyer satisfaction and loyalty: A neural network analysis. Journal of Retailing and Consumer Services. 1996;3(3):135–144.

6. Anon. A Study on the Status of Women Faculty in Science at MIT. 1999. Available at: http://web.mit.edu/fnl/women/women.html.

7. Anon. Report of the CfA Gender Equity Committee (CGEC). 2007. Available at: http://www.cfa.harvard.edu/do/geneq/CGEC_Final_Report.pdf.

8. Henley N. Body politics: power, sex, and nonverbal communication. Prentice-Hall; 1977.

9. Knapp ML, Hall JA. Nonverbal Communication in Human Interaction. Cengage Learning; 2009.

10. Hai DM, Khairullah ZY, Coulmas N. Sex and the single armrest: Use of personal space during air travel. Psychological Reports. 1982;51(3, Pt 1):743–749.

11. Leffler A, Gillespie DL, Conaty JC. The effects of status differentiation on nonverbal behavior. Social Psychology Quarterly. 1982;45(3):153–161.

12. Camperio C, Malaman M. Where to sit in a waiting room: density, age and gender effects on proxemic choices. Human Evolution. 2002;17(3):175–185.

13. Polit D, Lafrance M. Sex Differences in Reaction to Spatial Invasion. The Journal of Social Psychology. 1977;102(1):59–60.

14. Uzzell D, Horne N. The influence of biological sex, sexuality and gender role on interpersonal distance. British Journal of Social Psychology. 2006;45(3):579–597.

15. Cashdan E. Smiles, Speech, and Body Posture: How Women and Men Display Sociometric Status and Power. Journal of Nonverbal Behavior. 1998;22(4):209–228.

16. Canary DJ. Sex Differences And Similarities in Communication. Routledge; 2006.

17. Birdwhistell RL. Kinesics and Context: Essays on Body Motion Communication. University of Pennsylvania Press; 1970.

18. Maccoby EE. Gender and relationships: A developmental account. American Psychologist. 1990;45(4):513–520.

19. Matthews MH. The Influence of Gender on the Environmental Cognition of Young Boys and Girls. The Journal of Genetic Psychology. 1986;147(3):295–302.

20. Welzer-Lang D, Zaouche-Gaudron C. Masculinités: état des lieux. Érès; 2011.

21. Denèfle S. Utopies féministes et expérimentations urbaines. Presses universitaires de Rennes; 2008.

22. Curtin A, Linehan D. Where the boys are‐ teenagers, masculinity and a sense of place. Irish Geography. 2002;35(1):63–74.

23. James K. « You Can Feel Them Looking at You »: The Experiences of Adolescent Girls at Swimming Pools. Journal of Leisure Research. 2000;32(2):262–80.

24. Childress H. Teenagers, Territory and the Appropriation of Space. Childhood. 2004;11(2):195–205.

25. Welzer-Lang D. Les hommes aussi changent. Payot; 2004.

26. Buss DM, Malamuth NM. Sex, power, conflict: evolutionary and feminist perspectives. Oxford University Press; 1996.

27. Brownmiller S. Against Our Will: Men, Women, and Rape. 1975.

28. Sanday PR. The Socio‐Cultural Context of Rape: A Cross‐Cultural Study. Journal of Social Issues. 1981;37(4):5–27.

29. Barron L, Straus MA. Four theories of rape: A macrosociological analysis. Social Problems. 1987;5(34):467–489.

30. Riger S, Gordon MT. The Fear of Rape: A Study in Social Control. Journal of Social Issues. 1981;37(4):71–92.

Petits rappels sur le genre

 Petits rappels sur le genre

Sexe et genre : quelle différence ?

Sexe et genre sont deux notions liées, mais qu’il convient de distinguer. Le terme « sexe » renvoie aux différences physiques distinguant les hommes et les femmes (organes reproducteurs, pilosité etc.), alors que le « genre » (qu’on peut aussi appeler « sexe social ») renvoie aux rôles déterminés socialement et aux comportements qu’une société considère comme caractéristiques des hommes et des femmes. En France, dans la vie de tous les jours, on entend souvent qu’un homme se doit d’être protecteur et d’avoir une certaine autorité. Au contraire, les femmes doivent être souriantes et faire attention à leur apparence.

« Homme » et « femme » sont donc deux catégories de sexe, tandis que « masculin » et « féminin » sont des catégories de genres.

Si les sexes présentent des caractéristiques à peu près constantes à travers le temps et l’espace (partout dans le monde et de tout temps, les femmes ont  eu un vagin et les hommes un pénis), les genres changent en fonction des époques et des sociétés. Quelques exemples ici :

  • Toujours en Occident, la médecine a longtemps été exercée principalement par des hommes. Actuellement, cette profession se féminise largement.  (64% d’étudiantes dans certaines facultés françaises) 1.
  • En Afrique de l’ouest, la couture et la confection de vêtementest une activité considérée comme très virile2.
  • En Malaisie, l’informatique est très féminisée et est considérée comme une activité typiquement féminine3 4.
  • Chez les Moso (Chine), la propriété et les noms de famille se transmettent par la mère (société matrilinéaire). La femme y est
    Femme moso - moso woman

    Femme moso

    traditionnellement considérée comme plus forte que l’homme, aussi bien mentalement que… physiquement5 ! C’est elle qui détient le pouvoir politique et la majorité des chefs de famille sont des femmes6. L’identité des femmes se fonde sur le travail, davantage que sur la maternité6. Enfin, dans cette société, il n’y a pas de mariage, les relations entre hommes et femmes étant non contractuelles et non exclusives6 5; toutefois notons que si un homme décide de venir habiter dans la maison de sa partenaire, il adoptera le nom de celle-ci 6.  A l’heure actuelle, cette société est en pleine de mutation et adopte de plus en plus le modèle chinois dominant, patriarcal et fondé sur le mariage6.

  • Chez les Khasi, dans l’état du Meghalaya (Inde), les femmes sont les cheffes de famille et c’est elles qui pourvoient aux besoins financiers du foyer, tandis que les hommes restent au foyer78. Les femmes possèdent également le pouvoir de décision. Après le mariage, la femme amène son époux vivre chez elle avec ses parents7. Les femmes dominent l’espace social et économique et sont plus indépendantes financièrement que les hommes8. En général et contrairement au reste de l’Inde, les parents désirent avoir des filles plutôt que des garçons7. Traditionnellement, c’est la plus jeune fille qui hérite des biens de sa mère. Les hommes n’ont pas accès à la propriété8. Ce statut d’infériorité des hommes chez les Khasi a été à l’origine de mouvements pour les droits des hommes89. Il a été montré que chez les Khasi, les femmes sont plus compétitives que les hommes et qu’elles prennent plus de risques qu’eux8 9.
  •  Margaret Mead a étudié trois populations différentes de Nouvelle-Guinée, qu’elle décrit dans Trois sociétés primitives de Nouvelle-Guinée (1935)10. Alors qu’elle partait avec l’idée que c’était le sexe qui modelait avant tout le tempérament, elle s’est rendu compte qu’au final, il est surtout déterminé par l’éducation donné aux enfants, celle-ci pouvant à l’occasion engendrer une faible différenciation des identités de genres. Ainsi, chez les Arapesh, la mère et le père s’occupent de manière équitable des enfants, qui sont élevés sans violence ;  les manifestations d’autorité sont peu courantes. Les pères se montrent ainsi très maternels, intentionnés et doux envers leur progéniture, attitude qui serait jugée féminine dans le monde occidental. Ni les hommes ni les femmes n’ont le sentiment que la sexualité est une force puissante dont ils sont esclaves. Au contraire, chez les Mundugumor, hommes et femmes se montrent  masculins,  injures et bousculades étant communes chez les deux sexes. Avoir un enfant est considéré comme un signe de déclin et de honte : les enfants sont donc élevés très  durement.  Aucun signe d’amour maternel ne peut être détecté que ce soit chez l’homme ou la femme (mais où est donc passé le fameux  instinct maternel ?). Les deux sexes prétendent avoir des besoins sexuels irrépressibles. Ces deux sociétés sont radicalement différentes, mais au final, que ce soit chez les Arapesh ou les Mundugumor, les rôles féminins et masculins ne se trouvent pas vraiment différenciés, contrairement aux Chambuli. Chez eux, les caractéristiques masculines et féminines semblent inverser par rapport à nos sociétés occidentales. Ainsi les hommes Chambuli apparaissent comme des artistes, plutôt émotifs et très préoccupés par leur apparence : ils portent de nombreux bijoux et autres accessoires pour séduire les femmes car celles-ci détiennent le pouvoir économique. Les hommes doivent demander à leur épouse l’autorisation de dépenser de l’argent au marché.  Les femmes sont les cheffes de leur maison et assure la subsistance familiale. Elles sont décrites comme fortes, dominantes et autoritaires par Mead, et arborent un crâne rasé. Cependant certains auteurs ont plus tard suggéré que les hommes Chambuli ne sont pas tant dominés que cela, puisqu’ils détiennent le pouvoir politique. En réalité, il y aurait plus ou moins une égalité entre les deux sexes11.
  • Il existe un troisième genre en Inde et au Pakistan, les Hijra qui se disent asexués12.

Ainsi, les genres varient d’une société à l’autre, ce qui tend à montrer qu’ils ne sont pas déterminés biologiquement, mais bien construits socialement.

Dans les sociétés occidentales, comment les genres se construisent-ils ?

rose pour les filles

Rose pour les filles… une éducation genrée dès la naissance.

La construction des genres dans nos sociétés est l’un des grands thèmes des gender studies et de mon blog. Je ne vais donc l’évoquer que très rapidement, juste pour en donner un aperçu :

Dès sa naissance, l’enfant est soumis à une éducation genrée. Cela se fait souvent de manière quasiment involontaire. Ainsi les pleurs d’un bébé de sexe féminin seront interprétés comme de la peur, alors les parents penseront que leur bébé de sexe masculin pleure de colère – colère qu’il faudra apaiser au plus vite13. Les mères déplacent plus et touchent plus leurs bébés garçons, tandis qu’elles parlent plus et sourient plus aux nourrissons de sexe féminin14 15. Enfin, les mères se sentent en moyenne plus attachée aux bébés garçons et se comporteraient de manière plus impersonnelle avec les bébés filles14. Plus tard, la mère prendra trois fois plus souvent la défense de son enfant s’il est un garçon plutôt qu’une fille en cas de conflit avec un enfant d’une autre fratrie16.

On offrira aux petites filles des jouets correspondant à son genre, c’est-à-dire renvoyant à l’aire domestique et/ou au soin aux enfants (dinette, poupée…)  ou bien à leur apparence physique (Barbie, bijou en plastique rose, déguisement de princesse…). Les petits garçons recevront pour leur part des jouets leur permettant d’exprimer leur imaginaire (thème des pirates, des astronautes..), mais aussi leur violence (pistolets, épée…). Jusqu’à l’âge de cinq ans, l’agressivité physique est plus tolérée – voire carrément encouragée- pour les garçons que les filles17.

Dans les livres de littératures enfantines (voir mon article détaillé), les héros sont le plus souvent de sexe masculin. Les filles sont plus passives et plus souvent à l’intérieur. Les garçons sont représentés de manière plus active et vivent des aventures bien plus palpitantes.

On proposera aussi aux petites filles des activités manuelles (dessin, collier de perle) ou des activités où elles peuvent développer leur grâce et leur beauté (danse, gym). Les garçons se verront proposés des sports physiques comme le football ou le rugby, le sport représentant l’un des vecteurs les plus importants de la socialisation masculine : sur le terrain, les garçons devront montrer leur force, leur résistance à la fatigue et à la douleur. Bref ils devront montrer qu’ils sont des hommes, et pas des « tapettes » !

On apprendra également aux petites filles à bien se tenir, aux petits garçons à ne pas pleurer comme une fille.

Enfin, à l’école, les professeurs se comporteront de manière différenciée avec les filles et les garçons (voir articles détaillés ici, et encore ), en particulier dans les matières à connotation masculine comme les sciences et les mathématiques : les enseignants communiqueront plus avec les garçons, leur poseront des questions plus difficiles et surnoteront leurs bonnes copies : en résumé, ils auront de plus grandes attentes envers les garçons qu’envers les filles ! Et cela ne sera pas sans effet sur leurs élèves…

A l’adolescence, les parents laisseront plus de liberté à leurs fils qu’à leurs filles : ils pourront rentrer plus tard, sortir plus souvent. Les filles seront sommées de participer aux tâches ménagères, beaucoup plus souvent que les garçons.

Voilà, en résumé, comment les petite filles se féminisent et les petits garçons se masculinisent dans les sociétés occidentales, sans parler de l’influence des médias. Au final, on obtient d’un côté, un groupe d’individus ayant une plus grande confiance en eux et plus compétitifs, les hommes. De l’autre côté, le groupe des femmes aura tendance à se sous-estimer et sera plutôt intentionnées vis-à-vis de l’entourage ; les femmes auront aussi vite intégré qu’elles doivent avant tout plaire aux hommes et être des compagnes agréables: de bonnes femmes au foyer sachant bien entretenir son foyer, ou bien des copines attirantes sexuellement, minces et épilées, en fonction de la génération et/ou du milieu social. De part leur éducation, les femmes auront tendance à se soumettre aux hommes et les hommes à vouloir dominer les femmes, en moyenne (les variations intra-sexe étant très fortes, évidemment).

L’éducation des garçons et des filles diffère radicalement ; ainsi, les référents cultures des hommes et des femmes ne sont pas les mêmes. On peut parler de l’existence d’une culture masculine (où le sport et la technologie sont prépondérants) et d’une culture féminine (où il est question de mode et de tout ce qui se rapporte à l’apparence physique notamment) au sein même des sociétés occidentales.

A noter que cette éducation genrée est non seulement constructive, mais aussi punitive : un désaccord entre le sexe et le genre d’une personne sera réprimé : il sera mal accepté qu’une femme parle fort ou se tienne mal, bref se comporte de manière masculine. L’inverse – un homme adoptant une attitude féminine– sera peut-être encore plus mal toléré.

Des sociétés genrées ?

Les sociétés sont en elles-mêmes genrées. On peut évaluer le degré de « féminité » ou de « masculinité » de leurs individus par la méthode du BSRI – Bem Sex Role Inventory –  qui consiste à faire remplir un questionnaire d’autodescription comprenant des traits masculins (forte personnalité, dominant/e, agressif/ve, comportement de leader, dur/e) et des traits féminins (affectueux/se, sensible aux besoins des autres, chaleureux/se, tendre, aimant les enfants). Ainsi Moya et al 200518 ont montré que le degré de masculinité des hommes et des femmes était corrélé, ainsi que leur degré de féminité. Autrement dit, dans les pays où les femmes sont féminines, les hommes ont aussi féminins.  Au contraire, là où hommes sont très masculins, les femmes le sont également. A noter que féminité et masculinité ne sont pas nécessairement corrélées négativement. Les pays les plus  féminisés sont les moins sexistes (aussi bien en termes de sexisme hostile que de sexisme bienveillant), les plus développés (IDH plus élevé), les plus individualistes et les plus respectueux des droits humains.

Ces résultats soulignent à nouveau combien les caractéristiques psychologiques des individus (agressivité, affectuosité…) sont construites socialement et ne dépendent pas d’un quelconque déterminisme génétique. Elles semblent plutôt déterminées par un contexte social que par le sexe, puisque par exemple, selon cette étude, le score de féminité des hommes français (5,20) est, en moyenne, plus élevé que celui des femmes du Nigéria et du Ghana (4,44). Dans certains pays les femmes obtiennent de plus hauts scores de masculinité que les hommes (Guatemala, Venezuela…) et dans d’autres, les hommes obtiennent des scores de féminité plus élevés que les femmes (Iran).

Naturalisation  et hiérarchisation des genres

La distinction entre sexe et genre est cruciale. Elle émerge à la fin des années 60 chez les féministes anglo-saxonnes et recouvre une évolution majeure de la pensée : elle remet en cause l’évidence selon laquelle la personnalité et le comportement seraient principalement expliqués par le sexe biologique. Il s’agit de remettre en question l’idée de comportements masculins et féminins « naturellement » différents.

Dans les sociétés occidentales, les deux genres perçus comme des « essences naturels » de l’homme et de la femme ont permis la mise en place d’une division du travail, hiérarchique : deux « espèces » si différentes en tout ne pouvaient évidemment pas exercer les mêmes activités. C’est aux hommes que revenaient naturellement les activités liées la sphère publique, qui nécessitaient des aptitudes – raison, intelligence ou force – que les femmes ne possédaient soi-disant pas. Les femmes étaient le plus souvent confinées à la sphère privée où elles effectuaient un travail domestique non rémunéré

Si cette division du travail a été largement contestée dans les pays occidentaux depuis la fin du XIXème siècle et qu’actuellement, les femmes ont juridiquement accès à toutes les professions, dans les faits, elle demeure fortement ancrée. Ce n’est qu’à partir de 1966 que les femmes françaises pourront exercer une activité professionnelle sans l’accord préalable de leur époux et ouvrir un compte  bancaire, grâce à la réforme des régimes matrimoniaux. En France, en 1999, les femmes consacraient en moyenne 1 h 30 de plus aux taches ménagèrent que leurs conjoint, par jour19.  Il fait peu de doutes que cela ait peu changé depuis, comme semble l’indiquer une étude Ipsos20. La sphère privée semble donc encore être l’apanage des femmes. On notera que les professions les plus féminisées sont souvent plus ou moins reliés à la sphère domestique : soins aux enfants (institutrice, assistante maternelle) ou aux adultes (infirmière, aide-soignante) et travaux ménagers (femme de ménage).  En 2011, toujours, en France, les hommes gagnent 37 % de plus que les femmes21, ce qui montre que leur activité professionnelle est plus valorisée et qu’ils accèdent aux professions les plus rémunératrices. En conclusion les femmes travaillent pour des salaires très inférieurs à ceux des hommes ; elles sont donc exploitées sur le marché du travail. A cela s’ajoute une  extorsion du travail domestique, gratuit, au sein du couple. Tout cela confirme donc que la division sexuelle du travail, inégalitaire, est encore bien présente et justifiée par les genres.

La fameuse « complémentarité entre sexes », une justification de la hiérarchisation des sexes

La mise en place de genres permet donc une hiérarchisation entre sexes et la naturalisation des genres constitue une justification de cette hiérarchisation. Autrefois, on affirmait que les hommes étaient plus intelligents que les femmes, et on leur interdisait ainsi l’accès aux études, car c’était « juste » et « logique ».

Actuellement, peu de personnes osent encore affirmer cela. On préfère parler de « complémentarité entre hommes et femmes »,

Pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes routières ?

Livre grand public sur la "complémentarité des sexes"

une naturalisation des genres sous une apparence égalitariste. En réalité, cette idée de complémentarité entre sexes et très dangereuse, car sous un aspect sympathique, elle justifie l’injustifiable : les inégalités entre sexes. On entend ainsi, notamment dans des livres ou des magazines de psychologie destinés au grand public, que les hommes sont plus logiques  – tandis que les femmes seraient plus sensibles. Or, si les hommes sont plus logiques et sont capables de mieux raisonner, il est « normal » que ce soit eux qui détiennent le pouvoir et prennent les décisions. Il paraitrait aussi, selon ce genre de littérature, que les hommes sont meilleurs en mathématiques (ce qui est faux22)  tandis que les femmes seraient plus aptes aux tâches verbales (faux aussi 23) : à nouveau, si les hommes sont meilleurs en sciences, il est « logique » que des professions liées aux sciences, comme ingénieur (les mieux rémunérés, comme par hasard) leur soient réservées. On raconte aussi que les hommes auraient un cerveau plus spécialisé tandis que les femmes auraient la capacité de faire de nombreuses petites tâches à la fois (encore une idée fausse ! 24). Comment trouver une meilleure justification que celle-ci pour la division traditionnelle du travail ? Aux hommes une seule tâche très compliquée – sa profession -, aux femmes pleins de tâches pas très compliqués mais nécessitant une grande polyvalence – les tâches ménagères. Au final, chaque prétendue différence naturelle entre sexes sert de justification à un système social inégalitaire.

En conclusion…

Il y a des différences entre hommes et femmes, c’est évident. Cela dit, il faut distinguer les différences physiques des différences cognitives. Des différences cognitives ont pu être constatées (résultats de Q.I, préférence pour certaines activités, différence dans le temps de parole), mais rien n’indique qu’elles soient le résultat d’un quelconque déterminisme biologique. De nombreux effets sociaux entrent en compte : éducation genrée, mais aussi menace du stéréotype ou encore effet pygmalion. Quand on voit l’ampleur de ces phénomènes sur, par exemple, des performances en mathématiques ou quand on compare les sociétés occidentales à d’autres types de société, on se rend compte que les conditionnements sociaux ont un rôle essentiel dans les différences entre sexes ; l’influence biologique a sans doute un rôle très mineur – voire inexistant – sur les différences psychologiques entre sexes.

L’existence de deux genres – autrement dit la création de deux catégories d’individus qui seraient radicalement différents en fonction de leur sexe – induit une hiérarchisation des sexes. Il est difficile d’imaginer qu’on puisse arriver à l’égalité entre sexes sans la suppression des genres : on peut difficilement créer deux catégories distinctes d’individus sans essayer de les hiérarchiser, de chercher laquelle est la « meilleure ». Le sexe devrait donc être considéré pour ce qu’il est : un trait physique, et rien de plus.

—————————————————————————————————————————-

Erratum

Christophe Dermangeat, auteur de l’ouvrage Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était m’a donné des informations complémentaires par rapport aux sociétés dirigées par les femmes :

Depuis le jésuite Lafitau qui avait cru voir chez les Iroquois un "Empire des femmes" en 1724, c’est une discussion qui resurgit sans cesse à propos de peuples où les femmes possèdent effectivement un certain nombre de pouvoirs (notamment économiques), comme ces sociétés des contreforts himalayens. Mais, je crois qu’à moins de tordre les faits, il n’est possible de dire qu’elles ont le pouvoir, dans aucune de ces sociétés (une bonne référence "savante" et récente, qui fait le tour de cette question : Une maison sans filles est une maison morte, sous la direction de N.-C. Mathieu). Elles font au besoin jeu égal avec les hommes, elles les dirigent même dans certains domaines, mais les hommes ont aussi des prérogatives qui interdisent de parler de "matriarcat" (ou alors, les mots deviennent trop flous pour être utiles).

En ce qui concerne les Khasi, voilà un son de cloche (tibétaine ?) passablement différent, qui émane de l’anthropologue R. Lowie :

« Dans le ménage, bien que la femme soit propriétaire, c’est son frère aîné qui règne et, lorsque le mari, après la résidence matrilocale du début, s’établit pour son compte, c’est lui le maître incontesté. En outre, le droit coutumier reconnaît au mari la possibilité de tuer la femme adultère surprise en flagrant délit. La souveraineté politique se transmet en ligne féminine, mais d’un homme à l’autre ; c’est seulement en l’absence d’héritiers mâles que la femme est appelée à succéder ; dans la suite elle passe sa charge à son fils et non à sa fille. »

Que suite à l’intégration dans la société moderne, les hommes aient protesté contre un certain nombre d’interdits que leur imposait la coutume, c’est bien possible (et même très vraisemblable). Mais je crois qu’il serait bien imprudent d’en déduire qu’ils étaient auparavant dominés par les femmes.

Aucun ethnologue sérieux (y compris parmi celles / ceux se revendiquant du féminisme) ne défend plus depuis très longtemps l’existence, passée ou présente, de sociétés dirigées par les femmes.

Désolée de vous avoir donné des informations erronées donc, c’est ce que j’avais lu. Cela dit, même si ces sociétés ne sont pas dirigées par des femmes, leur organisation reste très différente de la notre.

—————————————————————————————————————————-

Références – References

1. Kahn-Bensaude I. La féminisation : une chance à saisir. Conseil National de l’Ordre des Médecins. 2006. Available at: http://www.conseil-national.medecin.fr/article/la-feminisation-une-chance-saisir-588. Consulté mai 5, 2011.

2. Guinche T. Fratrie recomposée : fratrie de sang et fratrie de cœur : un statut du tiers applicable aux quasi-frères/sœurs ? Caen: Université de Caen; 2008. Available at: http://www.sauvegarde56.org/uploaded/Thierry%20GUINCHE.pdf.

3. Lagesen VA. A Cyberfeminist Utopia?: Perceptions of Gender and Computer Science among Malaysian Women Computer Science Students and Faculty. Science, Technology & Human Values. 2008;33(1):5-27.

4. Othman M, Latih R. Women in computer science: no shortage here! Commun. ACM. 2006;49(3):111-114.

5. Shih C-kang. Tisese and Its Anthropological Significance : Issues around the Visiting Sexual System among the Moso. L’Homme. 2000;(154/155):697-712.

6. Luo C-L. The Gender Impact of Modernization among the Matrilineal Moso in China. 2008.

7. Kumar Utpal D, Bhola Nath G. Status Of Women In The Rural Khasi Society Of Meghalaya. Dans: Kolkata; 2007.

8. Andersen S, Ertac S, Gneezy U, List JA, Maximiano S. Gender, Competitiveness and Socialization at a Young Age:  Evidence from a Matrilineal and a Patriarchal Society. 2011.

9. Gneezy U, Leonard KL, List JA. Gender Differences in Competition: Evidence from a Matrilineal and a Patriarchal Society. NBER Working Paper,. 2008;(13 727).

10. Mead M. Sex and temperament in three primitive societies. 1er éd. New York: HarperCollins Publishers; 2001.

11. Errington F, Errington FK, Gewertz DB. Cultural alternatives and a feminist anthropology : an analysis of culturally constructed gender interests i Papya New Guinea. Cambridge: Cambridge University Press; 1989.

12. Nanda S. The Hijras of India: Cultural and Individual Dimensions of an Institutionalized Third Gender Role. J. of Homosexuality. 1986;11(3):35-54.

13. Condry J, Condry S. Sex differences: A study of the eye of the beholder. Child Development. 1976;47(3):812-819.

14. Denham S, Moser M. Mothers’ Attachment to Infants: Relations with Infant Temperament, Stress, and Responsive Maternal Behavior. Early Child Development & Care. 1994;98(1):1-6.

15. Laflamme D, Pomerleau A, Malcuit G. A Comparison of Fathers’ and Mothers’ Involvement in Childcare and Stimulation Behaviors During Free-Play with Their Infants at 9 and 15 Months. Sex roles. 47(11-12):507-518.

16. Ross H, Tesla C, Kenyon B, Lollis S. Maternal intervention in toddler peer conflict: The socialization of principles of justice. Developmental Psychology. 1990;26(6):994-1003.

17. Loeber R, Farrington DP. Young children who commit crime: Epidemiology, developmental origins, risk factors, early interventions, and policy implications. Develop. Psychopathol. 2000;12(4):737-762.

18. Moya M, Poeschl G, Glick P, Paez D, Fernandez Sedano I. Sexisme, masculinité-féminité  et facteurs culturels. Revue internationale de psychologie sociale. 2005;18(1-2):141-167.

19. Ponthieux S, Schreiber A. Dans les couples de salariés, la répartition du travail reste inégale. Insee; 2006. Available at: http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/donsoc06d.pdf.

20. Plisson H. Les hommes rechignent toujours aux tâches ménagères. Ipsos Public Affairs. 2005. Available at: http://www.ipsos.fr/ipsos-public-affairs/actualites/hommes-rechignent-toujours-aux-taches-menageres. Consulté mai 11, 2011.

21. Synthèse : les inégalités entre les femmes et les hommes en France et en Europe. Observatoire des inégalités. 2011. Available at: http://www.inegalites.fr/spip.php?article1400.

22. Spelke ES. Sex Differences in Intrinsic Aptitude for Mathematics and Science?: A Critical Review. American Psychologist. 2005;60(9):950-958.

23. Wallentin M. Putative sex differences in verbal abilities and language cortex: A critical review. Brain and Language. 2009;108(3):175-183.

24. Bishop KM, Wahlsten D. Sex Differences in the Human Corpus Callosum: Myth or Reality? Neuroscience & Biobehavioral Reviews. 1997;21(5):581-601.