Actus – Recherche sur le genre (2)

Ecart entre femmes et hommes dans la publication d’articles scientifiques

Près de 8 millions d’articles scientifiques issus de 1 800 champs différents ont été analysés, du XVIème siècle à aujourd’hui. Les femmes sont sous-représentées parmi les auteur⋅e⋅s. Ainsi, alors qu’elles représentent 39% des postes permanents dans les universités, elles ne représentent que 27% des auteur⋅e⋅ s des publications récentes (1990-2012). Elles ne sont également auteures que de 26% des publications récentes avec un seul auteur. Avant 1990, les femmes étaient sous-représentées en tant que premier auteur⋅e, mais après 1990, cet écart a été en partie comblé. Cependant, elles sont de plus en plus sous-représentées en tant que dernier auteur⋅e, qui est également une position prestigieuse car il s’agit souvent du responsable de l’équipe de recherche. On note tout de même globalement un progrès au cours du temps, puisqu’entre 1665 et 1989, seulement 15.1% des auteur⋅e⋅ s étaient des femmes.

Les auteur⋅e⋅s de l’étude avancent plusieurs hypothèses pour expliquer cet écart entre hommes et femmes. Peut-être que les femmes soumettent moins d’articles, et que leurs contributions aux travaux scientifiques sont en effet moindres, d’où des positions moins prestigieuses, mais cela n’a jamais été démontré. En revanche, des études ont indiqué les femmes sont moins souvent associées à des projets collaboratifs. On sait aussi que les hommes négocient plus et ont plus tendance à mettre en avant leurs réalisations.

Vous pouvez aller voire un graphique interactif synthétisant les données de cette étude ici.

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Être un corps : objectivisation et déshumanisation

Une femme est représentée comme un objet sexuel, si son corps ou les parties sexualisées de son corps sont utilisés pour la représenter et sont séparées du reste de sa personnalité. Il a déjà été montré que les femmes déshumanisent  leurs homologues qui sont objectivées, en leur attribuant une nature moins humaine (par exemple : moins serviable, moins curieuse, etc.) ou en les associations moins souvent  à certaines caractéristiques typiquement humaines (par exemple : la culture, la tradition, etc.).

Les auteur⋅e⋅ s ont essayé d’établir un lien entre cette propension à déshumaniser une homologue objectivisée et leur rapport à leur apparence et à leur corps. Leur étude a porté sur 55 jeunes femmes hétérosexuelles, âgées de 19 à 29 ans. Ils ont pu montrer que les femmes qui ont internalisé les normes de beauté et qui cherchent à plaire aux hommes ont plus tendance à déshumaniser leur homologue objectifiée. Cette tendance est médiée par l’auto-objectivisation, qui consiste à s’intéresser beaucoup à son apparence physique. Cette importance accordée à l’apparence physique induit une évaluation et une comparaison avec le corps de ses homologues féminines. Un tel rapport au corps enlèverait à ces cibles féminines leur personnalité et leur individualité, en les réduisant à de simples objets à examiner et évaluer, ce qui résulterait en un subtil processus de déshumanisation.

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femmes regardant

Les femmes déshumanisent leurs homologues objectivisées, d’autant plus qu’elles se perçoivent elles-mêmes comme des objets.

La division du travail rémunéré chez les couples homosexuels

Une étude a été menée sur les couples homosexuels (998 couples de gays et 1033 couples de lesbiennes) aux Pays-Bas. Les auteures ont pu montrer que dans les couples homosexuels, en particulier dans les couples de gays, la division du travail rémunéré  est beaucoup plus équitable que dans les couples hétérosexuels. Par ailleurs, le mariage et la parentalité entraîne moins une spécialisation des parents (l’un dans le travail rémunéré, l’autre dans l’éducation des enfants) dans les couples de même sexe, en particulier au sein des couples de lesbiennes . Enfin, les couples de gays effectuent plus d’heures de travail rémunéré que les couples lesbiens.

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Actus – Recherche sur le genre (1)

J’ai décidé d’inaugurer un nouveau type d’articles : des "brèves" sur ce que la science peut nous apprendre sur le patriarcat et les rapports sociaux entre les sexes. En gros, je regarde dans Google Scholar quelles publications sont parues récemment à ce sujet, et je vous fais un petit résumé :) .

Médias et hypersexualisation des petites filles

Les auteures ont présenté à des petites filles âgées de 6 à 9 ans deux "poupées en papier" : une sexualisée et une non-sexualisée. Ils leur ont posé 4 types de questions : 1) Quelle est la poupée qui te ressemble le plus ? 2) A quelle poupée voudrais-tu le plus ressembler ? 3) Laquelle de ces deux poupées est la plus populaire à l’école et 4) Avec quelle poupée préfères-tu jouer ? La poupée sexualisée a le plus souvent été choisie pour répondre à la question 1 et 3, c’est à dire que les petites filles ont envie d’être sexualisée, et pensent qu’elles seront ainsi populaire. Certains facteurs servent de "protection" face à ce désir d’être sexualisée : faire de la danse (peut-être lié à une meilleure appréciation de son corps), l’implication de la mère dans ce que regarde sa fille à la télé, et la religiosité de la mère. Le temps passé à regarder la télé ou des films ne semble pas avoir eu d’effets sur le choix de la poupées.
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Poupées

Exemple de "poupées de papier"

Stéréotypes sur les compétences en maths chez les enfants chiliens

Les stéréotypes sur les compétences en mathématiques sont déjà présents chez les enfants chiliens âgés de 3 à 5 ans. En effet, ils ont tendance à penser qu’un personnage féminin aimerait moins les mathématiques que l’espagnol, et y réussirait moins bien. A l’inverse, ils croient qu’un personnage masculin réussit aussi bien dans le domaines mathématique que linguistique.
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Genre, ethnie et sourires

Il a déjà était démontré que les femmes sourient plus que les hommes. Le but de l’étude était de découvrir à quel âge apparait cette différence. Il semblerait que ce soit à l’âge de 11 ans.  Par ailleurs, contrairement à ce qui avait été démontré précédemment, les auteur-e-s ont trouvé que la différence entre les sexes est plus forte chez les afro-américains que chez les américains blancs.
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L’orientation de dominance sociale, perception de la sexualité et usage de préservatifs féminins

L’importance de l’orientation de dominance sociale (SDO) a été mesurée chez des étudiant-e-s hétérosexuel-le-s. La SDO est la mesure d’une préférence des individus pour un système social hiérarchisé.  Les auteures ont pu montrer que les personnes présentant une forte SDO endossaient plus fréquemment la croyance selon laquelle les hommes devraient dominer sexuellement les femmes. Par ailleurs, les femmes présentaient une plus faible SDO que les hommes, et croyaient moins au fait que les hommes doivent dominer sexuellement les femmes. Les participants qui endossaient une plus forte SDO présentaient aussi une plus faible auto-efficacité sexuelle (confiance dans les situations sexuelles, en sa capacité de refuser un rapport et dans son assurance à recevoir de la satisfaction sexuelles, etc.) et utilisaient moins de préservatifs féminins.
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